Moi

En préambule mon prénom, Rachel, en tête d’une liste de trois.

Sur ma carte d’identité, on pourrait y lire : exploratrice dans l’âme, historienne de l’art indien et chercheuse de formation, responsable de projets par intermittence, conférencière et enseignante par vocation, entrepreneuse par envie de changement.

Mon rêve d’enfant, explorer le monde et devenir journaliste documentaire.

Mon premier contact avec l’Inde, vers l’âge de 12 ans, à la lecture du roman de Malcom J. Bosse, Ganesh. Fascinée depuis lors, j’ai dévoré tout ce qui me tombait sous la main en lien avec ce pays. Quand j’ai commencé des études d’histoire de l’art, l’Inde s’est imposée comme une évidence.

Je n’y suis pourtant allée pour la première fois qu’en septembre 1998. Un atterrissage en plein milieu de la nuit à Bombay, en période de mousson, à la fin de la fête de Ganesh. Toujours présent Ganesh. Ce dont je me souviens peut-être le plus, les odeurs,  l’odeur âcre de l’aéroport, la chaleur humide, le croassement incessant des corbeaux, l’eau partout, même jusque dans le taxi, les façades délavées par la mousson, le goût des pommes de terre épicées servies dans une feuille de journal à la gare Chhatrapati Shivaji Terminus de Bombay. Après 4 jours à explorer la ville, 26 heures de train pour rejoindre Madras…inoubliables. À peine arrivée, un bus direction Mahabalipuram et ses rochers sculptés au bord de la mer. Une journée interminable et rocambolesque à faire de la figuration dans un film tamoul dans les studios de Kollywood. Après la plage et la mer, encore des temples, Kanchipuram, Kumbakonam, Tanjore et Trichy. Puis encore un train, pour Bangalore. Petite incursion dans la silicon valley de l’Inde, boîte de nuit, jardin botanique et déambulations dans la ville. Peut-être à nouveau un train, plus très sûre, pour le Kerala, Cochin et ses filets de pêche chinois, puis un bus pour Goa cette fois, retour à la plage, au bord de mer. Le jour du départ, la journée la plus épique de ce premier séjour en Inde. Confusion dans l’heure et la date du retour, panique, ruée vers l’aéroport de Goa pour attraper le premier vol pour Bombay. Intrépides et déterminées à en profiter jusqu’au bout, nous avons sauté dans un taxi pour une folle équipée dans le Kalba Devi bazar, à l’heure de pointe bien sûr… Coincées dans les embouteillages à quelques heures du décollage, nous avons malgré tout réussi à prendre le vol de retour pour Paris.

Je suis retournée en Inde quelques mois plus tard, dans le cadre de mes études, un excellent prétexte pour m’y installer. De fil en aiguille, de la maîtrise à la thèse, d’années en années, ma passion pour ce pays, qui tourne un peu à l’obsession, me ramène tous les ans là-bas, des projets toujours plein la tête.

Contempler : dans une époque où tout le monde court après le temps, se crispe et se culpabilise à l’idée d’en perdre, obsédé surtout à l’idée d’en gagner, en ce qui me concerne, j’aime le regarder filer, contempler et m’imprégner. Il n’y a qu’en Inde que je parviens à le faire, la notion du temps étant tellement différente de la notre. C’est un pays qui vous apprend la patience et le lâcher prise.

Écrire : le goût des mots, le plaisir de jouer avec, organiser ses pensées sur le papier. Oui, parce qu’à l’heure du numérique, des ordinateurs, tablettes et autres gadgets, je gribouille mes idées sur tous les bouts de papier qui me tombent sous la main. Ils forment les pièces d’un puzzle que je reconstitue dans la pensée avant de m’installer devant l’ordinateur.

Explorer : un goût pour le changement et l’inconnu. L’envie constante de changer de lieu, de contexte, de projet avec les rituels du quotidien pour seule routine.

Papillonner: j’ai longtemps pensé que c’était l’un de mes plus grands défauts. Le fait de passer d’une chose à l’autre, la difficulté de choisir, être quelque part et penser déjà à la prochaine destination. Je considère aujourd’hui que c’est finalement un point fort parce que papillonner va de paire avec curiosité, avec ma façon de regarder le monde.

Photographier : dotée d’une bonne mémoire visuelle, l’objectif est resté pendant longtemps un simple outil de travail, une contrainte. La photo est devenue progressivement une autre façon de regarder, un nouveau moyen d’expression.

Transmettre : une nécessité, une évidence. Transmettre c’est partager, donner.

Voyager: à 6 ans, c’était décidé, quand on me demandait ce que je voudrais faire plus tard, je disais voyager et écrire. Rien de rassurant, ça correspondait à aucun métier dans mon entourage. Parce que j’adorais vagabonder, déjà petite, ma famille disait de moi que je mangeais à tous les râteliers, pas franchement un compliment. À l’aise partout, chez de parfaits inconnus, toujours curieuse d’aller voir ailleurs. Outre la liberté qu’ils sous-tendent, les voyages sont l’occasion de rencontres fascinantes, de moments inoubliables avec des gens que l’on ne revoit parfois jamais.