Payals et bichiyas: des bijoux pour les pieds



Payals et bichiya: anneaux aux pieds et bracelets aux chevilles

En Inde, il n’y a pas une partie du corps de la femme qui ne soit pas ornée d’une parure, d’un bijou.

bague de pieds (crédit: fashion 101)

 Les bagues aux pieds

Les anneaux que les femmes portent au deuxième doigt de pied (généralement le plus long) indique leur statut de femme mariée. Ces anneaux portent différents noms en fonction de la région et de la langue parlée. En hindi, on dira bichiya et en tamoul, metti. Le jour de la cérémonie du mariage, le mari les passe aux doigts de pieds de sa femme au lieu de lui mettre la bague au doigt – de la main…

Au Tamil Nadu, les hommes aussi portaient des bagues de pieds. Les femmes n’étant pas censées lever les yeux, un seul coup d’oeil sur les pieds lui permettait de savoir si l’homme est ou non mariée. De nos jours, seules les femmes portent encore des bagues aux pieds. Celles qui vivent dans des pays froids et qui portent des chaussures fermées ne sont pas contraintes de les garder même si les orthodoxes vous expliqueront qu’il faudrait demander l’avis de belle-maman avant de pouvoir les enlever. Les femmes portent généralement des bagues en argent, l’or étant réservé pour les divinités bien que nos jours certaines portent aussi de l’or aux pieds. Certaines portent plusieurs bagues de pied pour des raisons esthétiques ou à la naissance d’un enfant.

Je porte des bagues aux pieds depuis presque 20 ans et j’en partais bien avant de me marier. Je les ai d’ailleurs enlevées avant la cérémonie religieuse pour mettre les nouveaux. Après plus de 15 ans, les anneaux étaient usés, l’épaisseur réduite de moitié. Je les ai finalement ajoutés aux nouveaux ce qui m’en faisait quatre à chaque doigt.

Je n’ai jamais trop aimé les pieds et mettre des bagues me les rendent plus acceptables. A force de les porter, j’ai l’impression que je ne saurais plus marcher sans. J’ai le sentiment d’avoir un ancrage naturel à la terre et j’aime le son que ça produit quand je marche sur certaines surfaces. Dans la culture indienne, les anneaux en argent sont censés conduire l’énergie de la terre et certains vont jusqu’à dire qu’en porter réduit les douleurs menstruelles, une forme d’acupuncture permanente !

Personnellement, je les trouve avant tout élégantes.  Si vous ne voulez pas avoir à les enlever, il faut penser à leur côté pratique…Belles oui, mais si elles accrochent ou vous blessent, ce n’est pas l’idéal.

Bracelets et chaînes de chevilles

Les chaînes (payals en hindi, kulusu en tamil, etc.) ou bracelets de chevilles sont généralement l’apanage des femmes mariées bien que les enfants et les jeunes femmes en portent aussi. Il y a des styles très différents en fonction de la caste, de la communauté à laquelle appartient la femme sans oublier les moyens dont la famille dispose. Les chaînes sont traditionnellement en argent pour les mêmes raisons que les bagues de pieds et ornées de petites clochettes au niveau de la fermeture.

Les chaînes de pieds sont un des bijoux essentiels de la parure de mariage. De nos jours, beaucoup de femmes n’en portent plus, ou en tout cas, pas tous les jours, plus particulièrement les citadines. Comme le bindi, le point entre les deux yeux, c’est devenu, pour beaucoup, un accessoire de mode. Les chaînes sont parfois très ouvragées et dans certaines communautés, il s’agit plutôt de bracelets dont l’épaisseur est variable.

On attribut plusieurs fonctions ou valeurs au port des chaînes de chevilles. Je dirais que la première fonction est celle qui permet d’identifier votre présence par le son que produisent les petites clochettes quand vous marchez. C’est comme une petite musique qui accompagne les mouvements de la femme. Mais, ces petites clochettes peuvent aussi la trahir ce qui n’est pas toujours agréable. On vous expliquera ainsi que les hommes savent à l’avance si une femme s’approche et qu’ils peuvent alors agir de manière respectueuse…ou pas…Votre mari sait ainsi que vous êtes dans le coin, ce qui n’est pas non plus toujours plaisant! Des chaînes aux pieds qui ne sont donc pas toujours bien acceptées même si elles sont très belles, ça reste parfois des chaînes…

On aurait tendance à vouloir enlever les clochettes notamment dans les pays moins bruyants que l’Inde. Si elles trahissent votre présence, imaginez ce qu’il en est dans une bibliothèque à Paris…on les trouve d’un seul coup moins harmonieuses, plutôt agaçantes. Par ailleurs, si porter des anneaux aux pieds dans des chaussures fermées c’est parfois douloureux, les chaînes de chevilles dans les chaussettes et les bottes pendant l’hiver, il vaut mieux oublier ! D’autant plus si vous portez des modèles anciens dont le fermoir est à vis!

Les danseurs de Kathak (danse classique indienne) portent une multitude de clochettes aux chevilles qui rythment leurs mouvements et que l’on appelle ghungroos. Il s’agit de clochettes en métal, le plus souvent en cuivre cousues ou non sur une bande de tissu.

ghungroos (crédit: site vadaamalar)


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