Un coup d’œil dans la penderie : le set pantalon-tunique indien



Zoom sur la garde-robe des femmes indiennes

Le set traditionnel: Kurta churidar/salwar et dupatta

Quand vous pensez à l’Inde, à la femme indienne, je suis à peu près certaine que vous pensez tout de suite sari. Le sari est en effet LA tenue traditionnelle, pour ne pas dire conservatrice, des femmes indiennes. Pour le côté conservateur c’est une idée qui est d’ailleurs fortement véhiculée dans le cinéma hindi.

Elle reste la tenue traditionnelle en dehors des grandes villes et, en particulier, dans le Sud de l’Inde. Toutefois, l’ensemble salwar kameez (ou kurta-churidar) s’est largement répandu dans l’ensemble du pays. De quoi me parle-t-elle me direz-vous ? Le set appelé salwar-kameez  correspond à l’ensemble pantalon et tunique que portent aussi bien les hommes que les femmes.

Dans certaines régions, notamment au Penjab, c’est le salwar kamiz qui s’avère être la tenue traditionnelle des femmes. Elles ne portent pas le sari.

De la même façon, au Rajasthan et au Gujarat, beaucoup portent ce que l’on appelle le Gagra Choli, appelé aussi lehenga. Il s’agit d’un ensemble constitué d’une jupe très longue que l’on combine avec une blouse et une écharpe très volumineuse pour bien s’envelopper, bien se cacher. J’imagine que ça commence déjà à être un peu confus.

J’ai choisi de m’intéresser spécifiquement à l’ensemble tunique et pantalon parce que c’est la tenue que je préfère, celle dans laquelle je me sens le plus à l’aise. Et puis, c’est aussi celle qui offre, selon moi, le plus de variations.

Une version moderne du lehenga, la jupe, le haut sans manches et le dupatta porté sur le l'épaule (crédit: Utsav fashion)
Radhika Apte porte le Gagra Choli traditionnel au Rajasthan, dans le film Parched- La saison des femmes, 2015 (crédit: IMDB)

Depuis quelques années maintenant, les jeunes femmes, en milieu urbain plus précisément, portent de moins en moins le sari. Elles le sortent de leur penderie lors d’occasions particulières, pour les mariages et les cérémonies religieuses notamment. Les jeunes ne sont cependant pas les seules concernées, beaucoup de femmes de manière générale, dans les grandes villes du nord de l’Inde (mais pas seulement), ne portent plus le sari dans la vie de tous les jours. Elles portent le fameux ensemble pantalon/tunique ou adoptent un style dit « western style ».  En gros, elles portent la même chose que nous. Zara a d’ailleurs beaucoup de succès en Inde! Elles affichent clairement leur modernité, leur niveau d’éducation, leur classe sociale, leur indépendance aussi !

À Delhi, il n’est donc pas rare de voir des jeunes femmes en jeans/tee-shirts et à Calcutta où je suis, j’ai constaté à peu près la même chose. Elles combinent des éléments traditionnels indiens et occidentaux. Comme les stars de cinéma, elles sortent tout l’attirail, le costume bien bling-bling, pour les soirées et les grands évènements.

En dehors des grandes villes, c’est bien sûr un peu différent. Néanmoins, beaucoup de femmes, pour des raisons pratiques, portent le salwar kamiz (tunique/pantalon) plutôt que le sari.

Après, si vous demandez aux femmes indiennes ce qu’elles préfèrent…évidemment, elles vous diront toutes ou presque qu’il n’y a rien de plus élégant, de plus raffiné, de plus sexy que le sari…Être une femme c’est porter un sari et vice-versa !

Aujourd’hui, il n’en reste pas moins que l’ensemble pantalon-tunique est devenu l’une des tenues privilégiées des femmes indiennes dans la vie quotidienne. Moins contraignante à porter que le sari, elle est à la fois pratique et confortable.

Salwar Kamiz/kurta churidar/gharara/anarkali

En m’installant en Inde en 1999, j’ai d’abord adopté le port de la robe droite fendue sur le côté (il faut tout de même arriver à marcher avec) avec un pantalon droit type occidental. Finalement, c’était une sorte de variation de la tenue traditionnelle vietnamienne ! Vivant au Tamil Nadu et passant pas mal de temps dans les temples, j’ai très vite opté pour le salwar kamiz. J’ai évité le style tamoul que je trouvais souvent triste, surtout en terme de couleurs, beaucoup de couleurs crème ou marron. Et je ne parle pas des matières…plutôt synthétiques, car plus économiques. J’aimais les couleurs gaies et les motifs qualifiés de style ethnique, des motifs traditionnels des régions du nord-ouest de l’Inde (états du Gujarat et du Rajasthan) imprimés à la main avec des tampons en bois sur le coton.

Donc, Salwar-kamiz, kurta-churidar, etc., tous ces noms désignent la même chose à savoir un set composé de trois pièces :

  • Un haut désigné sous le terme générique dirons-nous de kurta (Kameez se traduit par chemise et kurta désigne plutôt une tunique). Il y a une multitude de styles, de matériaux, en fonction des régions, des occasions, etc. La variation la plus notoire de la tunique va être avant tout, pour moi, la longueur, qui varie selon différents critères et qui suit bien sûr les tendances de la mode. Ces derniers temps, dans le Nord, on la porte à nouveau longue et plutôt asymétrique ! Et parmi les critères de choix, le premier est certainement le type de pantalon que vous allez porter avec, éventuellement une jupe.
  • Un pantalon (salwar, churidar, pyjama, patiala, palazzo, etc).
  • Le troisième élément du set, l’accessoire par excellence, celui que je préfère: l’écharpe (dupatta/chunari/chunri/chunni).

Quand on rentre dans un magasin, on vous demande le style que vous recherchez, sari ou tunique-pantalon (il y a bien sûr d’autres options). Je parle bien évidement des magasins traditionnels, je ne parle pas des magasins  du type Zara et j’en passe. Prenons par exemple le cas de Fabindia, le magasin où la classe moyenne un peu aisée (les prix ont affreusement grimpé) et beaucoup de touristes font régulièrement leur shopping.

Après le style général, le choix de la matière se pose très rapidement en fonction de la saison, du climat de la région, de l’occasion, de votre classe sociale, etc. Le coton, qui est la matière que je préfère, n’est pas le choix adopté par la majorité des femmes indiennes. Il est tout d’abord moins économique que les matières synthétiques car il perd sa tenue et ses couleurs après des lavages répétitifs. Il prend aussi, il faut bien le dire, plus de temps à sécher, ce qui, pendant la mousson, croyez-moi, n’est pas un détail négligeable. J’ai le souvenir de porter des vêtements qui sentaient un peu le chien mouillé pendant les périodes de mousson. Il nécessite aussi un peu de repassage. Pour ce qui est du confort, je n’ai personnellement pas trouvé mieux que le coton même si j’admets que sa durée de vie en Inde est limitée par rapport à d’autres matières synthétiques. Je privilégie aussi le coton parce que j’aime énormément les impressions au tampon (hand block printing) et les motifs des régions du nord-Ouest (ajrack, kalamkari, sanganer, bagru, etc.).

La soie est certes magnifique à porter mais beaucoup plus onéreuse, très fragile aussi, beaucoup plus exigeante et à moins de n’avoir pas grand-chose à faire, ce n’est pas la matière que l’on porte tous les jours. Il y a beaucoup de tuniques fabriquées dans une mélange coton-soie mais j’avoue que plus ça va, moins on sait ce que l’on porte en Inde…et je vois de plus en plus de matières du style viscose, polyester, modal et j’en passe. Il y a des quantités pharaoniques de tissus qui finissent très rapidement à la poubelle car de mauvaise qualité et, de toute façon, le but c’est que vous en rachetiez…Au final, beaucoup de femmes portent des tenues en matières synthétiques…Finalement comme chez nous quoi !

Taille et longueur

Une fois que vous avez choisi le style et la matière, il faut attaquer la question de la taille… qui va du extra-small au XXL. Pendant longtemps, j’ai acheté des vêtements de la taille S (petite taille) avant de me rendre compte qu’en Inde, ma taille c’était souvent extra-small. J’ai donc passé quelques années en mode ample…Après, on a tendance à prendre de l’embonpoint assez rapidement donc ça nous laisse toujours un peu de marge…Vous allez vite vous rendre compte que la taille a beaucoup d’importance dans le cas du pantalon!

L’étape suivante est certainement le choix de la longueur de la tunique. Vous la voulez longue, mi- longue ou courte ? Avec ou sans manche(s) ? Quelle longueur de manches ? Il n’y a pas si longtemps, en Inde du Sud, il n’était pas forcément de bon ton de sortir les épaules dénudées. En tout cas, c’est le souvenir que j’en ai. Des manches courtes oui, mais des manches! Les choses ont un peu changé. Les femmes portent des jeans alors pourquoi pas des tuniques sans manche! Je dirais que, quand il fait 48 degrés dehors, même si on aurait tendance à préférer le haut sans manche, je recommanderais plutôt avec en raison du soleil.  Vous auriez tout intérêt à garder des manches longues et à faire bon usage de votre écharpe…

La tunique est généralement échancrée sur les côtés mais ce n’est pas systématiquement le cas. C’est mieux qu’elle le soit quand on a des formes arrondies…

Vous avez bien sûr d’autres détails à considérer, comme tout ce qui relève des motifs, de la matière, de la coupe, mais globalement vous avez le mode d’emploi ! 

J’avais envie de mentionner l’anarkali. C’est un ensemble qui se compose d’une longue tunique étroite jusqu’à la taille et qui descend ensuite dans une coupe ample, formant plusieurs plis, jusqu’aux genoux, voire jusqu’au sol. Cette robe/tunique se porte sur un pantalon de type churidar ou legging. Dans la culture indienne, elle évoque la douceur, la vulnérabilité et la beauté. Ce set, une synthèse des styles turco-perse et indien, est porté essentiellement dans le Nord de l’Inde. L’anarkali a fait un grand retour sur les podiums de la haute couture en Inde et donc dans le prêt à porter.

J’aime aussi beaucoup l’angarkha (appelé aussi angrakha) qui fait référence à un autre type de tunique que portent également les hommes et qui se chevauche (de type cache-cœur) et s’attache à l’épaule gauche ou droite.

Je dirais que les variations les plus importantes de l’ensemble salwar kamiz, portent, selon moi, sur le type du pantalon. D’ailleurs, en général, je choisis d’abord le style du pantalon et je regarde ensuite les tuniques.

Variations autour du pantalon

Il existe une grande variété de pantalons qui dépasse largement les quelques modèles évoqués ci-dessous. J’attire déjà votre attention sur la longueur de certains pantalons, parfois très longs, très très longs…et donc peu aisés à porter quand on n’a pas l’habitude. Les trois quarts du temps, il faut bien le dire, on marche sur le bas de son pantalon, on se prend les pieds dedans, parfois un peu énervant. Reste que pour moi, le point noir du pantalon, ce n’est pas sa longueur mais le cordon qui le maintient à la taille. Certes, il est ajustable, je vous l’accorde, bien pratique quand vous accumulez les kilos, peu cher aussi mais surtout très coupant. À la fin de la journée, c’est l’agonie, la grosse marque rouge super sexy à la taille et sur le ventre sans parler de la douleur…vous ajoutez à ça la chaleur…Et puis, il faut dire aussi qu’il y a tout de même plus pratique que ce foutu lacet ! Vous noterez que la bienséance veut qu’il ne faut pas laisser dépasser le cordon, des fois que l’on voudrait laisser croire qu’on attend qu’une chose :  tirez-dessus ! Oui, parce que le truc avec ces cordons, est qu’il vaut tout de même mieux s’assurer qu’il est bien noué, bien serré. Si ce n’est pas le cas, vous vous retrouverez très vite avec le pantalon au niveau des chevilles ou à devoir soulever votre tunique pour réajuster l’ensemble, ce qui n’est pas vraiment approprié, c’est un peu comme remonter sa braguette en public.

Le passage aux toilettes peut parfois aussi s’avérer un peu épique surtout quand les toilettes sont déjà une expérience en soi. Inutile de dire à quel point il est pratique de maintenir le cordon de manière à éviter qu’il ne rentre dans le pli ou pire qu’il traine sur le sol, dans la cuvette et j’en passe…je parle par expérience. Sans parler de la cascade des plis du pantalon, notamment dans le cas du patiala. Vous remarquerez que les femmes ont souvent une épingle à nourrice à portée de main. L’épingle en question vous permet de récupérer le cordon resté coincé dans le pli du pantalon, maintient l’écharpe sur l’épaule, les plis du sari, etc. bref, c’est un outil indispensable.

 

Parlons de ce que j’aime le moins dans la catégorie des pantalons…le churidar!

Le churidar est un pantalon qui est large à la taille et étroit à la cheville. Il est plus long que la jambe et forme donc une série de plis à la cheville. Le churidar était très répandu dans le Sud. Il est certes plus saillant à porter. On a moins l’impression d’enfiler un sac informe et encore…au niveau des fesses ce n’est franchement pas ça.

Ce pantalon me rend dingue. Collant à la jambe, dans les années 2000, il était boutonné à la cheville avec des agrafes. Il ne fallait pas être pressée pour se déshabiller. Ensuite, les agrafes ont été remplacées par des boutons pression, un grand progrès…autant le dire après quelques lavages, ça rouille et l’un comme l’autre, de toute façon, ça finit par se déchirer. Maintenant, c’est encore mieux, il n’y a plus rien, ça plisse, ça tient tout seul ! Peu importe l’évolution du truc, je ne m’y fais toujours pas. Quand on se baisse, c’est bien simple, on se demande toujours si on ne va pas déchirer l’entre-jambe, ce qui m’est bien sûr déjà arrivé. Il faut aussi bien l’enfiler sinon c’est carrément inconfortable et, quand il fait chaud, on a littéralement envie d’arracher le pantalon parce qu’il adhère aux chevilles comme une deuxième peau.

La dernière variante du churidar, c’est le legging. Exit le cordon en coton infâme qui vous coupe la taille ! Il est remplacé par un élastique normal, un legging quoi ! Ça vous donne l’impression d’avoir une ligne plus fine, enfin je parle bien d’impression. Reste que si l’élasthanne vous permet de prendre un peu d’aisance, il vaut tout de même mieux porter le legging avec une tunique adaptée si vous êtes un peu enrobée, adaptée veut dire longue sinon, étant donné qu’il y a de l’élasthanne, ça moule particulièrement bien le gras donc ce n’est franchement pas élégant surtout dans les couleurs blanche et crème…Le fait est que le legging reste tout de même bien pratique à porter et il fait un tabac depuis quelques années. C’est un peu l’équivalent de nos collants l’hiver!

La tunique sur le legging, à défaut d'être ultra esthétique, c'est ultra pratique...
Legging churidar (crédit: Fabindia)

Le salwar c’est le premier type de pantalon que j’ai adopté quand je me suis installée en Inde. C’est un pantalon ample sans pour autant être « trop bouffant » et qui ne colle pas à la peau. Quand il fait chaud, c’est juste du bonheur. Il est terminé en bas par une bande plus ou moins rigide. Tout comme le churidar, il se porte avec des tuniques longues ou mi- longues. Je le trouvais particulièrement pratique pour travailler. Il n’est pas trop long donc on ne marche pas dessus et quand on fait de la photo, comme moi, il est préférable d’être à l’aise. Il donne de l’aisance et demande peu d’entretien. Par contre, en coton, il est encore trop souvent de couleur unie même si ces dernières années, ça change ! Enfin! Je dirais tout de même que sans motifs imprimés, seulement uni, il n’est pas particulièrement sexy. Certains salwars ont des broderies à la cheville ce qui donnent toute de suite une petite touche à la tenue. Les salwars sont évidemment plus colorés et plus attractifs dans le nord-ouest étant donné que c’est la tenue traditionnelle des femmes au Punjab.

J’ajoute à tout ça une petite variante que je rencontre assez peu mais que je trouve à la fois pratique et élégante à savoir le pantalon cintré à la taille et sur les hanches, qui s’attache avec une fermeture éclair et qui est serré aux chevilles avec des élastiques. Bizarrement, j’en vois assez peu, ce serait une variante du pantalon harem.

Le pantalon salwar (crédit: jamun store)

Ma préférence est longtemps allée au patiala qui se porte, quant à lui, avec une tunique plutôt courte puisque l’intérêt est justement de montrer la cascade des plis du pantalon qui donne l’impression de porter une jupe. Ces magnifiques plis sont en revanche absolument infectes à repasser…et c’est aussi un pantalon avec lequel il faut être vigilant car le poids des plis a tendance à le faire tomber et étant donné qu’il se porte déjà long, il n’est pas rare de se prendre les pieds dans le bas du patiala. Je ne parle même pas du détail du cordon qui permet de l’attacher à la taille, ni du passage aux toilettes quand il faut gérer le volume du tissu…Il existe une adaptation contemporaine, en tout cas revenu à la mode, qui est le pantalon harem.

Je terminerai le tour des pantalons traditionnels avec le gharara qui est, à l’origine, un pantalon porté par les femmes musulmanes originaires de Luknow. C’est quoi donc ? La tunique descend jusqu’à mi-cuisses et le pantalon est fait de larges manches froncées au niveau des genoux. Une explication peu parlante qui se comprend mieux avec une photo !

Kareena Kapoor Khan porte un patiala (le punjabi suit)dans Udta Punjab, 2010 ( crédit: www.looksgud.in)
Un pantalon patiala (crédit:Jamun store)
Anuskha Sharma porte le patiala/salwar dans Band Baaja Bhaaraat, 2010 (crédit: www.looksgud.in)
Une version moderne du gharara (crédit: www.jaypore.com)
Gharara/sharara version jupe (crédit: www.jaypore.com)
Une autre version du pantalon harem
Le pantalon harem (www.Fabindia.com)

Le pantalon droit (palazzo, ijar, etc.) est devenu très populaire. Les indiennes portent de plus en plus un pantalon droit sous leur tunique, un style qui fusionne l’Inde et l’occident. Elles affectionnent particulièrement le palazzo, moi aussi d’ailleurs. Le style est devenu particulièrement populaire après la sortie du film Piku, en 2015. Deepika Padukone, l’actrice principale, a lancé la mode du pantalon droit sous la tunique. Elle a été qualifiée comme LA tenue fashion de tous les jours de la femme indépendante qui travaille!

À Fabindia, ils appellent ça aussi l’ijar pant, généralement en tissu léger, en coton, c’est un pantalon évasé. Selon moi, il faudrait tout de même qu’ils arrêtent de mettre des poches parce que ça pendouille un peu et ça gonfle les hanches inutilement. Ce n’est pas forcément très esthétique d’avoir des immenses poches sur les côtés…

Sinon, vous avez la version avec la fermeture éclair sur le côté à laquelle on ajoute un petit cordon à la ceinture pour ajuster l’ensemble. Mais alors attention car c’est le modèle qui ne permet aucune variation de poids donc c’est aussi le modèle qui se vend le moins. Il y a aussi la version élastique à l’arrière qui prévoit justement l’évolution de votre silhouette, avec toujours le petit cordon très stylé pour ajuster. Il a parfois des petites perles en bois peint qui, au bout de quelques lavages, ne ressemblent plus à rien ou alors on a aussi le pompon qui s’effiloche. Dans tous les cas, le cordon, je ne sais pas pourquoi, fait toujours 4kms et tombe régulièrement dans la cuvette !

Deepika Padukone dans le film Piku, 2015 (crédit: fashionbuzzer.com)
le pantalon palazzo avec son long cordon à la taille et ses jolis pompons (crédit: www.fabindia.com)
La tunique sur jupe (crédit: www.onceuponatrunk.com)

Écharpe/dupatta, c’est quoi votre style?

La troisième pièce de l’ensemble tunique-pantalon est l’écharpe, le dupatta mais elle porte des noms assez variés. Je porte toujours une écharpe et j’en ai une collection impressionnante. Le dupatta c’est une écharpe assez longue sans être nécessairement très large. Ce n’est pas une étole, ni une écharpe comme on en porte chez nous. Elles sont vraiment longues !

Je pense que la matière est le premier critère important. Je m’explique. Cette charmante écharpe n’est pas qu’esthétique…elle sert à dissimuler les formes généreuses (ou pas) de votre poitrine. Donc, pendant bien longtemps et, c’est encore le cas aujourd’hui dans beaucoup d’endroits, il était impensable pour une fille, de sortir de chez elle sans le dupatta. Le fait est que cette écharpe reste rarement en place, comme le sari d’ailleurs. Vous passez donc votre journée à la replacer comme il se doit. Vous avez toujours un pan de l’écharpe qui revient vers l’avant quand vous vous baissez ou mieux un pan qui tombe sur le côté à chacun de vos mouvements ! D’où l’intérêt de l’épingle à nourrice qui vous sert à l’attacher aux niveaux des épaules. J’ai toujours trouvé ça très moche et en plus ça déchire les vêtements. Quand je travaille, j’ai tendance à l’attacher dans le dos, histoire de la maintenir vers l’arrière mais disons-le clairement, ce n’est pas élégant. Sinon, vous avez aussi la technique des danseuses qui consiste à faire passer un pan en travers de la poitrine et à l’attacher à la taille avec l’autre extrémité. La plupart du temps, on s’énerve tout de même un peu avec cet accessoire mais il est difficile de s’en passer. Dans la société urbaine, on se fiche un peu de montrer sa poitrine, le dupatta c’est surtout une question esthétique et ça fait partie du set. On la pose sur l’épaule et ça pendouille de chaque côté, tout de suite très chic. Dans ce cas précis, il faut vraiment n’avoir rien à faire. Tout ça pour dire qu’avec le coton, c’est déjà pas facile mais alors la version en soie…ça glisse encore plus. Sinon, vous avez la version en viscose froissée qui vous coupe le cou, éventuellement vous étrangle et qui glisse encore plus. Par contre, elle est moins encombrante, beaucoup moins de tissu. La longueur de l’écharpe n’est pas négligeable car elle a tendance aussi à trainer un peu partout, à finir elle aussi dans la cuvette parce qu’en plus du cordon, du pantalon lui-même, il faut aussi maintenir l’écharpe…On a dit esthétique, on n’a pas dit pratique!

Après, le dupatta, ça sert parfois à s’essuyer les mains quand vous n’avez rien d’autre (c’est très souvent le cas), à vous moucher dans le pire des cas, à vous protéger du soleil et du froid…bon, elle a finalement beaucoup d’aspects pratiques en plus d’être jolie!

En ville, en Inde comme en France, d’un point de vue pratique, et comme le font aussi beaucoup de femmes en Inde, je fais un tour autour du cou et ça couvre suffisamment étant donné la longueur de l’écharpe !

Dupatta, usage polyvalent, protection solaire
Dupatta porté version danse classique, nouée à la taille et passant en travers de la poitrine, liberté de mouvements
L'écharpe viscose froissée enroulée autour du cou, maintien assuré...


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